Analyse du résultat de Podemos

image.phpSatisfaction ou déception ?

Pour une formation politique émergente qui se présente pour la première fois aux élections générales, obtenir 69 députés et atteindre 20,66 % des voix est évidemment une énorme victoire. Ce succès met fin à quarante ans de bipartisme. Podemos peut même se targuer d’être la première force politique en Catalogne et au Pays Basque, la seconde à Madrid, en Communauté valencienne, en Navarre, aux Îles Baléares et en Galice.

Les militants peuvent par contre ressentir de la déception par rapport aux derniers sondages (y compris ceux à la sortie des urnes) qui présidaient une dizaine de sièges supplémentaires et la seconde place du scrutin devant le PSOE. De plus, le bloc de droite PP-Ciudadanos dépasse de 4 sièges le bloc de gauche PSOE-Podemos (163 contre 159).

Une grande coalition de gauche ?

Pour contrer les conservateurs, une grande coalition de gauche pourrait voir le jour. Elle serait composé de trois partis nationaux : PSOE, Podemos et de Unidad Popular-IU (extrême gauche, deux sièges), ainsi que de plusieurs petits partis aux intérêts territoriaux très concrets. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que Podemos est lui-même composé de plusieurs mouvements. Cela fait beaucoup de monde autour de la table. Les négociations risquent d’être longues et difficiles.

Les conditions de Podemos

Podemos fixe trois conditions pour entrer dans une coalition. Une réforme constitutionnelle qui renforce les droits sociaux, qui établit un mécanisme de révocabilité du président du Gouvernement applicable à mi-mandat et qui assure une nouvelle loi électorale plus proportionnelle.

Ce dernier point est particulièrement important pour les forces émergentes. En effet, Podemos a obtenu 20,66 % des voix mais seulement 69 députés, alors que le PSOE, avec 22,01 %, arrive à 90 députés. Soit 21 sièges de plus pour 1,35 % de différence. Le système électoral espagnol favorise les districts les moins peuplés, là où les partis traditionnels sont bien mieux implantés que les nouveaux partis. Il est donc dans l’intérêt de Podemos, mais aussi de Ciudadanos, de modifier cet article au plus vite. Lire : Podemos et Ciudadanos désavantagés par le système électoral espagnol ?

Si le système avait été purement proportionnel avec une circonscription unique, Podemos, Ciudadanos et Unidad Popular-IU auraient obtenu bien plus de sièges (voir infographie).

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Comparaison des résultats des élections générales entre le système d’Hondt (en application) et un système de circonscription unique

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