Podemos et Ciudadanos désavantagés par le système électoral espagnol ?

Pablo_Iglesias-elecciones_24M-Podemos_MDSIMA20150524_0029_21Établi en 1978 dans le but de stabiliser le pays après des années de dictature, le système électoral espagnol n’est pas adapté au multipartisme et pénalisera les formations arrivées en troisième et quatrième position.

L’Espagne est divisée en 52 circonscriptions électorales : les 50 provinces et les villes autonomes de Ceuta et Melilla. Les votes dans ces circonscriptions se traduisent en 350 sièges. Le nombre de députés élus dans chaque circonscription varie en fonction du nombre de sa population. Afin d’assurer la représentation de toutes les provinces, la loi assigne à chacune d’entre elles un minimum de deux députés.circunscripciones3

1. Les plus petites circonscriptions sont surreprésentées.

Démonstration :

Les cinq provinces les plus peuplées (Madrid, Barcelone, Valence, Alicante et Séville) élisent 30 % des députés. Elles représentent 38 % des électeurs. En réunissant les 28 circonscriptions les moins habitées, on atteint aussi le chiffre de 30 % de députés. Sauf que ces 28 circonscriptions ne représentent que 21 % des votants. Les partis politiques dont les sympathisants sont concentrés dans une même province sont donc désavantagés. C’est le cas de Podemos et Ciudadanos qui rencontrent beaucoup de succès dans les grandes villes.

2. Différence énorme entre nombre de voix et nombre de sièges

La répartition des sièges se fait selon le système d’Hondt (utilisé également Belgique), ce qui favorise les partis les plus votés. Dans les petites circonscriptions, les votes échus au troisième et au quatrième parti ne devraient se traduire par aucun député. C’est pour cela qu’une différence minime en nombre de voix au niveau national peut se traduire par une énorme différence de sièges.

w-pol-tracking-andorraExemple :

Selon ce sondage publié par El Periòdic d’Andorra, la différence en voix entre le PSOE et Podemos est de moins de 2 %, ce qui se traduit par une vingtaine de sièges en faveur des socialistes.

C’est pourquoi Podemos et Ciudadanos incluent dans leur programme la réforme du système électorale, tandis que le PP prône une loi électorale favorisant le parti le plus voté.

Sébastien Rouyet

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