Les élections générales « pour les nuls »

la-nueva-imagen-de-los-candidatos-en-campana-electoralParti Populaire, Parti Socialiste, Ciudadanos et Podemos. Quatre partis politiques. Deux de gauche, deux de droite. Deux partis traditionnels et deux forces émergentes de chaque côté. C’est entre ces quatre formations que se joueront les élections générales du 20 décembre prochain. Voici quelques clés pour comprendre les rapports de force.

Les forces en présence

Quatre candidats sont en lice pour devenir le prochain président du gouvernement.

Partido Popular 'PP'. Espeña en serio.

Mariano Rajoy, 60 ans, Parti Populaire (PP)

Le Premier ministre sortant est le représentant de la droite conservatrice. Signe particulier : ne se remet jamais en question malgré les affaires de corruption qui rongent son parti et le ras-le-bol des citoyens.


cartel-psoe-elecciones-generales-20dPedro Sanchez, 43 ans, PSOE

Arrivé à la tête du parti socialiste il y a tout juste un an, cet économiste est sensé incarner le renouveau et faire oublier les échecs de ses prédécesseurs José Luis Rodríguez Zapatero et Alfredo Pérez Rubalcaba


cartel-podemos-elecciones-generales-20dPablo Iglesias, 37 ans, Podemos

Chercheur en sciences politiques, orateur hors pair, on le surnomme el coleta (littéralement « le queue-de-cheval »). Fervant défenseur de la démocratie participative, il porte les espoirs de la génération du 15 mai.


cartel-ciudadanos-elecciones-generales-20dAlbert Rivera, 36 ans, Ciudadanos (C’s)

Avec son look de gendre idéal, il est l’indigné de droite. Sa formation s’est séparée du PP pour protester contre les affaires de corruption. Il prône un libéralisme moderne et sera probablement l’arbitre de l’élection.


Fin du bipartisme

Depuis la fin de la dictature, les élections générales ont toujours été dominées par deux formations : les conservateurs du Parti Populaire et les socialistes du PSOE. Paradoxalement, les deux paris se disent centristes. La crise économique et les nombreuses affaires de corruption impliquant des élus des deux partis à tous les niveaux de pouvoir ont mené à l’occupation de la Puerta del Sol par les citoyens et à la création du mouvement du 15 mai (les Indignés).

Profitant de la popularité de ce mouvement, des universitaires ont créé Podemos afin de poursuivre le combat sur le terrain politique. À la surprise générale, ils remportent 5 sièges aux élections européennes de 2014. Un an plus tard, Podemos est déjà devenu un poids lourd et gagne les mairies de Barcelone et Madrid.

Dans le même temps, Ciudadanos, une plate-forme dissidente du PP dont on dit qu’elle en est le visage présentable, monte dans les sondages. À l’image de Podemos, Ciudadanos se veut un espoir de modernisation des institutions et de lutte contre la corruption. À la différence de Podemos, le parti est soutenu par les entreprises et les médias. Lors des élections autonomes en Catalogne en septembre dernier, Ciudadanos est arrivée en seconde position.

Intentions de vote et débats télévisés

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Le « débat décisif » du 7 décembre sur La Sexta

À une semaine de l’élection, les sondages évoluent en faveur des formations émergentes et plus particulièrement de Podemos qui connaît une remontée spectaculaire. En effet, après son échec aux élections autonomes de Catalogne où elle n’avait même pas obtenu 9 % des voix (son refus de se positionner quant à l’indépendance de la région, préférant se concentrer sur le social, lui aura été fatal), la formation a connu un sacré coup de mou, redescendant à à peine 10 % des intentions de vote. Mais tout à changer après l’excellente prestation de Pablo Iglesias lors du « débat décisif » diffusé le 7 décembre sur la chaîne de télévision La Sexta. Un débat qui le mettait face à Pedro Sanchez, Albert Rivera et… Soraya Sáenz de Santamaría ! Mariano Rajoy ayant décliné l’invitation, préférant envoyer la numéro deux du gouvernement servir de punching ball. Un débat remporté haut la main par le leader de Podemos selon les médias traditionnels et les réseaux sociaux.

 

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Projection de la répartition des sièges (en voix : PP 25,3%, PSOE 21%, Podemos 19,1%, C’s 18,2%) – El País 14/12/2015

À l’heure où j’écris cet article, les sondages prédisent que le Parti Populaire restera la première formation du pays avec un score situé entre 25 % et 30 % tandis que les trois autres formations se tiennent « dans un mouchoir de poche » aux alentours des 20 %.

[Attention, même si l’écart est minime en nombre total de voix, les sièges sont répartis en fonction des résultats dans les circonscriptions. Lire : Podemos et Ciudadanos désavantagés par le système électoral espagnol ? ]

Quelles coalitions possibles ?

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Albert Rivera (à gauche) peut-il s’entendre avec Pablo Iglesias ?

Au niveau des programmes, C’s et le PP ont davantage d’atomes crochus. Mais comment s’allier avec un parti que l’on n’a cessé de présenter comme obsolète et corrompu ? Ciudadanos pourrait offrir la présidence à Rajoy, mais aussi à Pedro Sanchez, le candidat socialiste. En effet, à part Podemos, les trois autres partis ne se présentent-ils pas comme centristes ? Une partie de l’électorat d’Albert Rivera ne serait pas contre. Et une coalition réunissant Podemos et Ciudadanos ? Les deux partis partagent le même diagnostic mais pas les mêmes remèdes. De plus, cela désavouerait certaines coalitions régionales. Les formations émergentes oseront-elles proposer une « nouvelle transition démocratique » ? À moins que l’on ne se dirige vers une tripartite ? Ou vers un gouvernement minoritaire ? Plus de détails sur les coalitions possibles

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