Il n’y aura pas de Las Vegas européen à Madrid

Adelson et son épouse devant une maquette du projet Eurovegas

Adelson et son épouse devant une maquette du projet Eurovegas

Alors que les travaux devaient débuter ce mois-ci, on a appris vendredi que le projet Eurovegas, avec ses 6 casinos et ses 12 hôtels répartis sur 750 hectares dans la banlieue de Madrid, ne verrait finalement jamais le jour. Après des mois de négociations et de polémiques, l’entreprise américaine Las Vegas Sand a annoncé qu’elle renonçait à installer son méga complexe en Espagne. Avec ce désistement de dernière minute s’envolent les promesses d’investissements de 17 milliards € et les perspectives de créations de 200.000 emplois.

Selon le gouvernement, ce sont les « conditions inacceptables » exigées par Sheldon Adelson – 15ème fortune mondiale et actionnaire majoritaire de Las Vegas Sand – qui ont mis un terme définitif au projet. Pour attirer l’entrepreneur en terres castillanes, le gouvernement conservateur avait pourtant déjà fait d’énormes concessions, acceptant notamment de passer l’impôt sur le jeu de 40% à 10 %.

Mais, en dernière minute, Las Vegas Sand a mis sur la table de nouvelles exigences « sans précédent dans aucun autre pays », d’après des sources proches du dossier rapportées par le journal Publico. Le gouvernement aurait dû s’engager à reverser à la compagnie, en plus d’une indemnisation, la totalité des bénéfices engrangés grâce à Eurovegas ainsi que les pertes éventuelles au cas où des changements législatifs futurs affecteraient le projet.

Sheldon Adelson aura donc essayé jusqu’au bout de profiter de la situation financière calamiteuse de l’Espagne pour imposer toutes ces exigences en matière législative, arguant que si les Espagnols les refusaient, d’autres pays les accepteraient. Las Vegas Sand se justifie d’ailleurs aujourd’hui en évoquant de meilleures perspectives au Japon et en Corée du Sud. La nomination de Tokyo pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2020 au détriment, entre autres, de Madrid aurait même incité le groupe à privilégier cette ville pour y installer ses casinos.

Quel qu’en soient les raisons, la fin des négociations est synonyme de camouflet pour les autorités madrilènes qui ont mis la pression pendant des mois sur le gouvernement national pour qu’il applique au plus vite les changements législatifs exigés. L’Espagne comptait beaucoup sur ce type de projets pharaoniques pour relancer l’emploi. Mais les échecs consécutifs des Jeux Olympiques en septembre dernier et d’Eurovegas aujourd’hui devraient l’inciter à revoir sa politique.

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