Prado, Thyssen et Reina Sofia à la recherche de nouveaux moyens de financement

Francisco de Goya, Tres de Mayo (1814), musée du Prado

Francisco de Goya, Tres de Mayo (1814), musée du Prado

Les représentants des grands musées madrilènes que sont le Prado, le Reina Sofia et le Thyssen-Bornemisza ont exposé, jeudi 7 mars, à la presse les moyens qui seront mis en œuvre pour pallier les coupes opérées dans le budget de la culture (19,6% en moins en 2013, soit 721,7 millions d’euros). En effet, cette année, le financement public du Prado sera amputé de 30%, de 25% pour le Reina Sofia et de 33% pour le Thyssen.

La survie passera donc inévitablement par l’augmentation du prix d’entrée. Depuis janvier, les visiteurs du Prado doivent déjà débourser la somme non négligeable de 14 euros, contre 12 euros en 2012.

Salvador Dalí, Le Grand Masturbateur (1929), musée Reina Sofia

Salvador Dalí, Le Grand Masturbateur (1929), musée Reina Sofia

D’ailleurs, afin de pouvoir accueillir plus de visiteurs, les horaires seront également allongés. Il sera désormais possible de visiter ces musées le lundi, jour traditionnel de fermeture.

Autre piste qui sera privilégiée à l’avenir : faire voyager les œuvres, de préférence en dehors des frontières de l’Espagne. L’année passée, l’exposition « Portraits d’Espagne : chefs-d’œuvre du Prado » présentant le travail d’artistes ayant œuvré à la cour royale d’Espagne comme El Greco, Velázquez, Rubens, Goya ou Ribera a tourné en Australie et aux États-Unis.

Ces institutions éviteront aussi de prendre des risques dans le choix de leurs expositions temporaires. Afin de garantir le succès, ce sont les artistes connus qui seront mis à l’honneur. Récemment, le Thyssen a consacré une rétrospective au peintre américain Edward Hopper ce qui a permis au musée d’accueillir le nombre record de 300.000 visiteurs. L’exposition Collection Cartier, qui présentait des bijoux portés par Grace de Monaco et par Elizabeth Taylor, était également l’occasion pour le Thyssen d’attirer un public plus large ayant moins l’habitude de fréquenter les musées d’art.

Albert Dürer, Jésus au milieu des docteurs (1506), musée Thyssen-Bornemisza

Albert Dürer, Jésus au milieu des docteurs (1506), musée Thyssen-Bornemisza

Enfin, le mécénat privé devrait aussi venir au secours des grands peintres. La chasse aux donateurs a d’ailleurs déjà commencée. Le Reina Sofia a inauguré une fondation à but non lucratif parrainée par de riches hommes d’affaires espagnols et sud-américains. De son côté, la Fondation des Amis du Prado, qui comptait un peu plus de 9.000 membres en 2010, s’approche aujourd’hui des 23.000 adhérents.

Quant au Thyssen, il va ouvrir un café-terrasse accessible à tous et louera, pour des réceptions, son gigantesque hall d’entrée pour une somme pouvant aller jusqu’à 50.000 euros.

(avec AFP)

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