Grâce à The Impossible, le cinéma espagnol garde la tête hors de l’eau

Lo ImposibleQui aurait imaginé, en cette période d’austérité, alors que la TVA vient de passer de 8 à 21% et que les aides publiques à la production se sont pratiquement réduites à néant, que le cinéma espagnol allait battre tous les records ? Et pourtant, sur l’année 2012, la part des films espagnols sur le total des entrées sur le territoire national s’est élevée à 17,9%, soit près de 3% de plus qu’en 2011 et le taux le plus haut depuis 27 ans. Mieux ! La production ibérique a rapporté 106 millions d’euros en Espagne, la meilleure recette de tous les temps !Tadeo Jones

Ce record de fréquentation, le cinéma espagnol le doit à un phénomène : Lo Imposible (The Impossible). Le film à grand spectacle de Juan Antonio Bayona relatant le combat d’une famille séparée par le tsunami de 2004 a été vu en salle par 5,8 millions d’Espagnols et a rapporté 40,5 millions d’euros, selon des chiffres provisoires divulgués le 25 décembre 2012 par la Fédération des Associations de Producteurs Audiovisuels (Fapae).

Derrière le film de Bayona, Las Aventuras de Tadeo Jones, sorte d’Indiana Jones local en images de synthèse, et Tengo ganas de ti (littéralement « J’ai envie de toi »), une romance pour adolescents, complètent le podium avec respectivement 18 et 12 millions d’euros de recettes. Ces trois films figurent aussi dans le top 10 des meilleures recettes de l’année, toutes origines confondues.

Tengo ganas de tiLe cinéma espagnol échapperait-il à la crise économique ? Loin de là. En effet, ces bons chiffres ne sont en rien le reflet d’un dynamisme économique retrouvé de la part de l’industrie cinématographique nationale. Car si on additionne les scores, on se rend compte que ces trois films ont engrangé à eux seuls les deux tiers des recettes annuelles du cinéma espagnol sur son propre territoire. On notera d’ailleurs que ces dernières années, ce type de bilan a souvent été dominé par un film qui sortait du lot, à l’instar de Lo Imposible (El Orfanato – déjà réalisé par Bayona – en 2007, Agora d’Alejandro Amenábar en 2009 ou encore la comédie policière Torrente 4 en 2011).

Derrière ce trio gagnant, c’est donc le désert. En 2012, seuls huit films ont dépassé la barre des 2 millions d’euros de recette (contre 17 en 2011). De plus, avec la diminution des aides publiques à la production cinématographique, le nombre de tournages (163 en 2012) se réduit d’année en année (- 15% en 2011, – 5% en 2012). En décembre dernier, le ministre de la culture José Ignacio Wert s’est réuni avec les représentants du secteur audiovisuel afin de créer une commission chargée de trouver des moyens alternatifs de financement qui palierait les coupes budgétaires. Un nouveau modèle est attendu pour le début de l’été.

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