Madrid « prête à tout » pour accueillir Eurovegas

Près de 250.000 emplois nouveaux, soit la moitié du nombre de chômeurs de la Région de Madrid, voilà un chiffre qui fait rêver les Autorités de la capitale espagnole. Un rêve qui pourrait bientôt être bel et bien réel grâce au projet pharaonique du magnat américain Sheldon Adelson : Eurovegas, un Las Vegas européen érigé dans la banlieue de Madrid. Avec un investissement promis de quelque 15 milliards d’euros sur dix ans, c’est une opportunité à ne pas laisser filer.

Le nouveau président de la Communauté Autonome de Madrid, Ignacio González (Partido Popular), l’a bien compris et va rencontrer les représentants du groupe d’Adelson, Las Vegas Sands, ce mardi 16 octobre afin de leur demander de bien vouloir accélérer le processus.

Car on en parle depuis longtemps, d’Eurovegas. Les discussions ont en fait commencé sous le gouvernement Zapatero. Et Sheldon Adelson, douzième fortune mondiale d’après Forbes et soutien de Mitt Romney et de Benjamin Nétanyahou, s’est déjà rendu en personne en Espagne pour repérer les lieux potentiels. Mais le projet traîne. Plusieurs éléments coincent.

Tout d’abord l’endroit. Pendant longtemps, Barcelone et Madrid se sont disputé le privilège d’accueillir les douze casinos, les 35 000 chambres, les trois terrains de golf, les neuf théâtres et les multiples centres de loisirs. Au bout d’une longue bataille où les deux régions ont fait les yeux doux au milliardaire en essayant de se montrer la plus attractive, c’est finalement Madrid qui a emporté la mise. Barcelone s’est désormais tournée vers un autre projet d’envergure comprenant six parcs thématiques avec hôtels et casinos : Barcelona World. 40.000 emplois en perspective, 4,7 milliards d’investissement.

Mais c’est surtout au niveau de la législation qu’Adelson exige des efforts. La loi espagnole est loin de le satisfaire et il compte bien profiter du désarroi économique du pays pour imposer ses nombreuses exigences. Comme revoir la loi anti-tabac pour que les joueurs puissent fumer dans ses établissements, modifier le code du travail afin que ses employés travaillent plus pour gagner moins, autoriser l’entrée des casinos aux mineurs et aux ludopathes, être exempté de TVA et d’impôts sur le jeu et sur l’immobilier pendant dix ans, don par l’État des terrains publics de la région, financement par les banques de 60% de la première phase du projet, … La liste est encore longue.

Cependant, la Communauté Autonome de Madrid est « prête à tout » pour satisfaire l’homme d’affaires. C’est ce qu’a déclaré son ancienne présidente, la conservatrice Esperanza Aguirre (PP). Elle pensait recevoir l’appui du gouvernement, mais le président Rajoy n’est pas très enthousiaste à l’idée de céder sur le terrain législatif. Déboutée par son propre camp, Aguirre a récemment démissionné.

De plus, pour beaucoup d’observateurs, les retombées économiques sont loin d’être assurées. L’Espagne regorge de projets semblables qui n’ont finalement jamais abouti ou qui sont rapidement tombés en faillite. Mais dans la conjoncture actuelle, Madrid estime ne pas avoir le choix. Ignacio González va donc essayer de convaincre Adelson sans lui faire trop de concessions.

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